Documentations
Cette rubrique vous permet d’accéder à la mémoire de l’école, et d’approfondir si vous le désirez, la connaissance des fondements de la pédagogie de Jacques Lecoq. À votre disposition : des textes écrits par et sur Jacques Lecoq, des archives photos et films.
Biographies
Jacques Lecoq
Acte un : de l'éducation physique à la découverte du théâtre.
Le 15 décembre 1921, Jacques Lecoq naît à Paris. Il s’oriente dès 1937 vers l’enseignement de l’éducation physique et des sports. De 1941 à 1945, il est maître d’éducation physique et sportive, moniteur diplômé des Fédérations françaises d’athlétisme et de natation. Son engagement dans l’éducation physique le rapproche de Jean-Marie Conty, responsable de l’éducation physique, ami d’Antonin Artaud et de Jean-Louis Barrault.
En 1945, Jacques Lecoq fait ses premiers pas de comédien aux côtés de Gabriel Cousin avec qui il fonde un groupe théâtral. Puis, Jean Dasté (http://www.ecole-jacqueslecoq.com/jacques_lecoq-daste.htm) l’engage dans sa compagnie, les “Comédiens de Grenoble” et le charge de l’entraînement physique et corporel de ses camarades ; il y découvre le travail du masque mais aussi l’esprit de Copeau (http://www.ecole-jacqueslecoq.com/jacques_lecoq-copeau.htm) dont il s’affirme, indirectement, héritier.
Acte deux : la découverte de la Commedia dell'Arte.
En 1948, Jacques Lecoq part en Italie où il restera huit années. A Padoue, il découvre le jeu de la Commedia dell’Arte dans les marchés de la ville et monte ses premières pantomimes au Théâtre Universitaire. Il rencontre le sculpteur Amleto Sartori (http://www.sartorimaskmuseum.it) et entreprend avec lui des recherches sur les masques ; de leur collaboration est né, entre autres, le “masque neutre”. A la demande de Giorgio Strehler et de Paolo Grassi, il participe à la création de l’école du Piccolo Teatro à Milan (http://www.theatre-odeon.fr/public/liens/europe.html). Suivra une activité de metteur en scène et de chorégraphe. Aux côtés de Dario Fo (http://www.nobelprizes.com/nobel/literature/1997a.html), Franco Parenti, Luciano Berio, Anna Magnani… il cherche des gestes nouveaux pour la musique contemporaine, la revue, l’opéra et met en mouvement les chœurs de la tragédie grecque à Syracuse.
En 1956, il revient à Paris pour ouvrir son école de Mime et de Théâtre. Il crée aussi sa propre compagnie, travaille au T.N.P. avec Jean Vilar et à la télévision.
Puis le développement de son école l’oblige à se consacrer exclusivement à la pédagogie.
Acte trois : la pédagogie et le LEM.
De 1968 à 1988, Jacques Lecoq, professeur à l’école Nationale Supérieure des Beaux-Arts, y développe un enseignement de l’architecture à partir du corps humain, du mouvement et de la mimodynamique.
En 1977, il crée le L.E.M. (Laboratoire d’étude du Mouvement), département scénographique de l’école.
Membre de l’Union des Théâtres de l’Europe (http://www.ute-net.org), Jacques Lecoq a été invité dans le monde entier pour diriger des stages et faire des conférences, dont sa conférence-spectacle “ Tout Bouge ”.
Dans le but de concrétiser la pédagogie de Jacques Lecoq, Patrick Lecoq a filmé, en 1983, les deux années d’enseignement à l’école. Par ailleurs, une étroite collaboration de deux années (1997 et 1998) avec Jean-Gabriel Carasso, Jean-Claude Lallias et Jean-Noël Roy a abouti à la publication d’un livre intitulé "Le Corps Poétique" et à la réalisation de deux films de quarante-cinq minutes chacun, diffusés par la télévision française.
Quelques jours avant sa mort, survenue le 19 janvier 1999, Jacques Lecoq donnait des cours dans son école.
C'est Fay Lecoq, sa femme, qui reprendra la direction de l'école internationale de théâtre Jacques Lecoq.
Jean DASTÉ
Acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français (Paris, 1904 - Saint-Étienne, 1994 ).
Jean Dasté est initié au théâtre par sa mère, puis par Jacques Copeau, son beau-père, qui le prend comme élève à l'école du Vieux-Colombier en 1922. Il suit son maître en Bourgogne, où le «groupe des Copiaux » joue de 1924 à 1929 pour les vignerons du cru. De cette aventure, il devait garder le goût de la troupe, qui allait le mener à la Compagnie des Quinze, dirigée par Michel Saint-Denis (1931 ), à la Compagnie des Quatre-Saisons (1937 ), à l'Atelier de Barsacq (1940 -1944 ). Ses rencontres avec Jean Vigo (Zéro de conduite, 1933 ; l'Atalante, 1934 ), puis avec Jean Renoir (Boudu sauvé des eaux, 1932 ; le Crime de M. Lange, 1936 ; la Grande Illusion, 1937 ) déterminent une carrière cinématographique qui se poursuivra tout au long de sa vie, avec des réalisateurs comme Truffaut (l'Enfant sauvage, 1970 ; l'Homme qui aimait les femmes, 1977 ), Alain Resnais (Muriel, 1963 ; La guerre est finie, 1966 ) ou Costa-Gavras (Z, 1968 ).
Artisan du théâtre populaire, Jean Dasté fonde durant la Seconde Guerre mondiale son Théâtre de la Saison-Nouvelle, et en 1945 il est appelé à Grenoble pour créer la Compagnie des comédiens de Grenoble, qui marque les débuts officiels de la décentralisation théâtrale. En 1947, à Saint-Étienne, en accord avec la mairie et l'État, il fonde et dirige le centre dramatique de la Cité des mineurs. Comédiens et techniciens réunis autour de lui sillonnent les routes de campagne de la région stéphanoise, transportant décors, costumes, accessoires : pendant près de dix ans, la troupe parvient à attirer un public populaire, qu'elle initie au répertoire des grands classiques français et étrangers - Molière, Shakespeare, Tchekhov.
En 1956, le succès rencontré par la création du Cercle de craie caucasien de Brecht recentre son activité à Saint-Étienne. Jean Dasté adapte des auteurs contemporains tels Yves Jamiaque, Audiberti, Sartre ou Michel Vinaver, avec la collaboration de metteurs en scène comme Gabriel Monnet, Roland Monod ou Armand Gatti, tout en se livrant à des expériences sur le mime, le nô japonais (réglé par Marie-Hélène Dasté, son épouse ) et la tragédie grecque. En 1969, l'usage d'une salle polyvalente, de bureaux et d'ateliers de la Maison de la culture avait été accordée à la Comédie de Saint-Étienne ; mais en 1970, à la suite de divergences politiques avec la municipalité, Dasté démissionna de ses fonctions de directeur pour revenir à sa vocation première : le théâtre itinérant.
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Jacques COPEAU
Ecrivain, metteur en scène de théâtre et acteur français (Paris, 1879 - Beaune, 1949 ).
Critique littéraire et cofondateur de la Nouvelle Revue française, passionné de théâtre, il s'attacha à rénover la scène française. En 1913, il ouvrit le théâtre du Vieux-Colombier et créa une troupe de jeunes acteurs (dont Ch. Dullin et L. Jouvet ), avec lesquels il donna des interprétations stylisées des classiques (Molière, Shakespeare ) et des contemporains (J. Romains, Ch. Vildrac, G. Duhamel, etc.), qui exercèrent une profonde influence sur l'avant-garde européenne et américaine. De 1924 à 1929, il travailla en Bourgogne, avec un groupe de disciples, les Copiaux, à une tentative de décentralisation théâtrale. On doit, entre autres, à Copeau une adaptation des Frères Karamazov (1911 ), des pièces, dont la Maison natale (1921 ), et des essais sur le théâtre (le Théâtre populaire, 1941 ).
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Fay Lees Lecoq
En 1954, je rêvais de devenir étudiante à l’Académie Royale de Musique et de Théâtre. J’avais déjà obtenu mes diplômes d’enseignements (ALCM et LLCM) et j’avais épargné assez d’argent pour payer les frais de scolarité de la première année en donnant des cours de diction aux enfants de Eastwood, un quartier de Glasgow où j’habitais avec mes parents. Ces cours étaient très populaires et j’avais plus de soixante-dix élèves, ce qui me permis d’abandonner mon emploi de secrétaire à plein temps et de me consacrer pleinement à mes études de théâtre.
Après l’audition devant Colin Chandler et son équipe, j’attendais avec appréhension les résultats et je n’en crus pas mes oreilles quand j’appris que j’étais acceptée. J’avais de plus obtenu une bourse !
L’année que j’ai passé à l’Académie a totalement bouleversé ma vie. C’était dur, mais les enseignants étaient d’excellent niveau et je m’en souviens comme de la période la plus stimulante et la plus excitante de ma vie. Rien ne comptait en dehors de l’école de théâtre. Aussi, le choc fut terrible quand, à la fin du troisième trimestre, Colin Chandler me conseilla de ne pas continuer. Néanmoins, je m’étais déjà inscrite pour un stage de mime de cinq semaines à Paris, alors je partis, refusant d’accepter la décision de Colin et bien déterminée à continuer ma carrière théâtrale, à Paris ou à Glasgow. Les gens que j’ai rencontrés à ce stage, animé par Etienne Decroux en 1955, m’ont aidé à trouver un petit rôle dans The Lady’s Not For Burning de Christopher Fry et dans La Tempête de Shakespeare. Ce n’était pas facile de trouver du travail parce que mon français n’était pas courant, mais j’ai eu la chance de taper un scénario pour Charlie Chaplin et un livre pour l’auteur Américain Richard Wright.
Deux années plus tard, j’ai rencontré Jacques Lecoq de retour d’Italie après 8 années d’absence durant lesquelles il a travaillé comme chorégraphe, créé et dirigé avec Giorgio Strehler le Piccolo Teatro de Milan. Son approche du mime était différente de celle d’Etienne Decroux et au début je la trouvais sans intérêt. Mais petit à petit, après avoir vu quelques représentations à Paris avec son équipe d’acteurs, je réalisais que son approche était bien plus large et mieux adaptée au théâtre et à la danse que celle de Decroux.
En 1960 Jacques et moi, nous nous sommes mariés et j’ai commencé à l’aider avec l’administration de son école. Il y avait de plus en plus d’étudiants qui venaient du monde entier.
Ma passion pour le théâtre n’a jamais diminué et je sens que, en dirigeant l’école de mon mari à Paris, en aidant nos étudiants à trouver du travail et rester en contact avec d’autres anciens élèves partout dans le monde, j’ai comblé les attentes de Colin Chandler. Non pas comme actrice, mais comme co-ordinatrice et médiatrice.
En 2000 l’Académie Royale de Musique et de Théâtre m’a donné le titre honorifique de «Docteur en Art Dramatique» et depuis la mort de mon mari, j’ai été invitée maintes fois dans le monde entier pour parler de la pédagogie de l’école et montrer les films qui illustrent son enseignement.







